"I've never been on the scene but I can dream, Paris Paris is not a place to be for a little monkey"
[Manu Chao]
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 |
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 |
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 |
| 28 | 29 | 30 |
When reality fails, music and words keep your dreams alive..
Kate Rusby, You belong to me
"See the pyramids along the Nile
See the sunrise from a tropic isle
Just remember darling, all the while
You belong to me
See the market place in old Algiers
Send me photographs and souvenirs
Just remember when a dream appears
You belong to me
I'll be so alone without you
Maybe you'll be lonesome too
Fly the ocean in a silver plane
see the jungle when it's wet with rain
Just remember till you're home again
You belong to me
I'll be so alone without you
Maybe you'll be lonesome too
See the pyramids along the Nile
See the sunrise from a tropic isle
Just remember darling, all the while
You belong to me"
Publié par Mélite à 20:32:12 dans Ghost fantasy | Commentaires (0) | Permaliens
I. Maël
Encore cette même fenêtre, petite et sale, et au fond de ses yeux gris, la danse envoûtante de la pluie contre le verre. Une dernière fois recommencée pour la première fois' pensa t-il. Pourquoi fallait-il toujours que tout se termine de la même façon, que tout recommence sans cesse, et pareillement ? Pourquoi la fin ressemblait-elle toujours à un éternel début ? Il se rappela de leur première véritable rencontre : il l'avait attendu juste devant sa porte, blotti contre les pierres délabrées de l'escalier, enroulé dans son long manteau détrempé par la pluie. Puis, il était rentré en silence avec elle dans la petite chambre exiguë, et, bien qu'elle n'eût pas allumé la lumière, il avait été frappé par l'étrange luminosité de la pièce : cette même luminosité qu'elle portait en elle.
Ses longues boucles de cheveux orangées formaient un diadème de lumière autour de son visage légèrement hâlé. Ses lèvres semblaient par moment incolores et devenaient rouges et translucides lorsqu'une mèche de cheveux venait se poser sur ses joues, comme un rayon de lune. Ses yeux, trop grands pour son visage, lui rappelèrent une femme qu'il avait connu quelques années auparavant, et qu'il avait finie par oublier, comme toutes autres. Il ne se souvenait que très vaguement de la fin de leur histoire, et encore moins de l'endroit où il l'avait abandonné.
Il suivit la jeune fille qui s'était approché de la fenêtre et tendit une main vers elle. A quelques centimètres de son épaule, il arrêta son geste et sentit ses doigts se crisper et se recroqueviller, comme s'il était sur le point d'arracher un brin de lilas parfumé de la plus haute branche d'un arbre. Depuis qu'il était enfant, il avait toujours été traumatisé par ces quelques secondes qui précèdent la mort d'une fleur. Il approchait toujours lentement sa main de la tige, puis suspendait son geste et restait immobile et hors d'haleine, à contempler ce qui, une fraction de seconde plus tard, serait brisé. Il retenait toujours son souffle avant de poser ses doigts sur le petit corps végétal de sa victime. Puis, d'un geste décidé et sec, il refermait ses ongles sur la branche ou la tige, pour les inciser nettement.
La jeune fille se tourna vers lui. Il laissa retomber son bras contre son corps. Elle plongea ses grands yeux dans les siens, ces yeux trop grands pour elle, insoutenables. Il détourna le regard, aveuglé par cette lumière dont il ne savait pas trop si elle provenait de la lune ou du feu noir qui brûlait dans les yeux de la jeune femme. Il se demanda ce qui avait bien pu intéresser son patron chez cette fille. Elle ne semblait porter en elle aucun autre secret que cette luminosité aveuglante, et paraissait encore plus pauvre qu'il ne l'était lui-même. Mais qu'importe, les ordres étaient les ordres, et le patron avait toujours ses raisons.
Il fit quelques pas de plus vers elle et prit une grande bouffée d'air pour reprendre ses esprits. Il devait passer à l'action rapidement, s'il ne voulait pas briser la tension qui s'était installée entre eux. Il frôla la hanche de la jeune fille de la main et approcha ses lèvres de ses cheveux. Aussitôt, ses narines s'emplir d'un parfum entêtant de jasmin et de musc blanc. Il tenta de se persuader qu'il avait envie d'elle, et plissa les paupières. Il laissa sa tête partir légèrement en arrière et approcha une main du cou de la jeune femme. Il ne ressentait plus d'émotions depuis longtemps, et était habitué à effectuer toujours les mêmes gestes de manière automatique. Il se concentrait pour y mettre toute la délicatesse et la passion feinte dont il était capable, et faisait glisser sur son visage un masque de lascive séduction. Il attrapa une mèche de ses longs cheveux entre ses dents et enfonça doucement un ongle dans la peau tendre de son cou. La jeune fille ne bougea pas. Autour d'eux, la nuit s'était habillée d'un silence oppressant. La pluie s'engouffrait par la fenêtre ouverte et coulait sur leurs épaules. Il laissa glisser sa main le long du dos de la jeune fille, et devina à travers le tissu bleu et fin de sa robe la raideur frémissante de son corps. Il était face à elle comme un violoniste accordant son instrument, redoutant à chaque instant de briser une corde en précipitant ses mouvements et en tournant trop brusquement les chevilles. Avec une douceur qui n'était rien d'autre que le fruit de son extrême précision, il posa sa main gauche sur la hanche de sa proie et appuya sa joue contre son épaule. Il resta sans bouger pendant près de dix secondes, une éternité suffisante pour impatienter la jeune fille, puis attrapa son poignet avec une violence toute étudiée. Il la fit pivoter vers son visage, fit claquer sa langue délicatement et posa ses lèvres contre les siennes. D'abord doucement puis avec plus de force. Du bout de la langue, il joua avec une mèche de cheveux qui était venue se mêler à leurs deux bouches. Puis, la poussant doucement contre le mur, il réussit à vaincre ses ultimes réticences et à franchir jusqu'à la dernière barrière de son corps.
Ce soir là, il n'avait rien ressentit d'autre que le besoin d'exprimer la force qu'il portait en lui. Pas de tendresse, pas de passion, pas de désir. Pas même de sympathie ni de respect. Juste un long moment de vide. Un instant d'abandon de plus. Il n'avait même pas pensé un seul instant à elle, à ce qu'elle avait pu ressentir, ou penser. Il était reparti ensuite, sans que presque aucun mot n'eût été échangé entre eux. Est-ce qu'ils se reverraient ? Il avait haussé les épaules. Quel était son nom ? Il avait hésité un instant, baissé les yeux, posé son regard sur la flamme presque noire d'une vieille bougie. Il avait fait un pas vers la porte. Jeté son manteau sur ses épaules. Attrapé la poignée cuivrée de la porte. Puis en tournant la tête vers elle, murmuré qu'il s'appelait Maël. Elle l'avait regardé dans les yeux en lui répondant qu'elle s'appelait Mélite. Qu'elle l'attendrait.
Tout avait commencé ce soir là.
Bande son ***Bang bang- Nancy Sinatra >chanté par Ycare^^ **
Publié par Mélite à 11:54:08 dans Les ombres rouges | Commentaires (2) | Permaliens
(début d'une nouvelle écrite à l'origine directement en anglais pour un cours d'expression écrite. Evidemment, les images étaient plus belles en anglais..)
1. Lily
Elle est assise face à la fenêtre, dans un vieux fauteuil à bascule recouvert d'une couverture en patchwork multicolore. Elle se balance timidement d'avant en arrière, les épaules bien droites, perdue dans de mystérieuses contemplations. Ses traits sont inexpressifs et ses paupières immobiles. À la lumière du soleil, les carreaux reflètent son visage : à travers le verre, ses yeux, ses joues et sa peau sont en mille morceaux, comme des bris de glace scintillant à la lueur froide de la fin octobre. Ses cheveux blonds sont en feu, poignardés par une multitude de rayons de soleil aveuglants. Elle a des traits délicats et beaux, et la peau laiteuse d'une très jeune femme, mais son expression impassible est celle d'une très vieille dame. Les iris flous de ses yeux gris sont vides, et son regard flotte dans l'air, sans but. Soudain, dans un rayon de lumière fraîche, son visage se brise à nouveau pour laisser place à une drôle d'expression :
Publié par Mélite à 18:47:46 dans The bomb's diary | Commentaires (1) | Permaliens
La plus belle façon au monde de laisser partir quelqu'un qu'on aime..
JODI PICOULT, VANISHING ATCS
"He takes my hand and traces his thumb across my knuckles. "for God's sake, if I'd learned anything durind this damn trial it's that the only way someone can leave you is if you let them. And I'm not doing that, Dee. It may looks like that today, or tomorrow, or even a month from now, but one day you're going to wake up and see that this whole time you've been gone, you've only been headed back to where you started. And I'll be there, waiting. He leans forward and kisses me, once, feather-light, on the lips. It's not like I'm not letting you go', he murmurs, I'm just trusting you enough to come back".When he stands, he is tall enough to block the line of the sun. He is all I see, for a moment, when he walks out the door."Publié par Mélite à 16:23:22 dans Ghost fantasy | Commentaires (1) | Permaliens
J'aimerais : trouver l'apostrophe.
Et dans son souffle suspendu, un morceau de rêve entre deux temps.
Je voudrais trouver le L,
diluer les poussières du désert à l'eau salée.
Je voudrais voler le parfum des rivières.
J'aimerais allumer dans la nuit des flammes de pluie,
Je voudrais, sur une fleur d'oranger,
voir la lune dans l'encre bleue d'une goutte.
J'ai envie d'une apostrophe,
D'un élixir de soleil : alchimie de brume et de pluie.
Une prière sur des lèvres rouges feu : trouver la nuit qui court au fond des tes yeux gris.
Derrière les yeux fermés,
Trouver ce qui manque à nos regards.
Un L apostrophe pour L'essentiel.
Bande son ***Nirvana- Lithium***
Publié par Mélite à 23:38:06 dans L apostrophe | Commentaires (2) | Permaliens